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De retour de l’Ultra Trail GRP – Tour des Cirques – 120kms, 7000d+

 

Vendredi 23 août, Piau Engaly,

Voilà, nous y sommes, à quelques minutes du départ de cet Ultra Trail. Alors évidemment de nombreuses questions m’ont assaillies les jours précédents : Aurais-je la force d’arriver au bout sachant que c’est mon premier plus de 100 km ? comment se passera la nuit ? Vais-je tenir le rythme ? Et je dois reconnaître avec un certain stress lors des derniers préparatifs entre le matériel obligatoire à emporter, le sac pour la base de vie, la gestion de l’alimentation. J’ai fait, refait et vérifier à plusieurs reprises pour être certain de ne rien oublier.

Ma petite femme et ma fille Jade sont présentes et j’en suis très heureux. Elles vont assurer le suivi et mon assistance sur une partie de ce GRP (Grand Raid des Pyrénées), une première 🙂

Dans le sas de départ, je suis maintenant serein, plus de stress. Je fais la rencontre de Jean-Claude, de 11 ans mon aîné, plus de 10 ultra-trails à son actif dont la majorité terminés. Jean-Claude me propose de partager quelques kilomètres ensembles, ce que j’accepte avec grand plaisir, et compte tenu de son expérience cela devrait m’être profitable 😉

Le coup d’envoi est donné, un dernier baiser à mes petites femmes et nous voilà partis !

On débute par 131d- avant d’attaquer très sagement une première montée de 765d+.

Je gère bien ce début, le cardio est parfait, tout va bien ! Au sommet, il faut prendre droit dans la pente et avaler 753d- pour se retrouver au point de départ, l’occasion de repasser devant mes petites femmes et les nombreux supporters 🙂

 

CP1 – Piau Engaly (retour) – 8,4e km – Chrono : 1h32

C’est également le premier ravito (8,4km), remplissage des flasques avant de continuer en direction de Port Campbieil, un col qui culmine à 2596m pour 771d+. Peu de trailers doublent sur ce single très étroit et bien pentu. Nous avançons en file indienne. Au col une petite photo avec Jean-Claude et hop direction Gèdre avec une belle descente qui nous fait perdre 1591d-. Je fais attention à l’hydratation en buvant toutes les 10 minutes et au passage j’en profite pour jeter un œil sur le cardio qui est bien trop haut (damned!). La descente est bien cassante, les quadris commencent à se rappeler à mon bon souvenir mais je me laisse emporter par l’élan général.

 

CP2 – Gèdre (aller) – 24,6e km – Chrono : 4h44

Les quadris sont en feu !

Mes petite femmes sont présentent 🙂 il fait une chaleur de dingue, je suis en nage, avec Jean-Claude nous trouvons un coin à l’ombre pour nous poser et profiter du ravito. Sauf que je n’ai pas l’envie de manger, je me force tout de même et essaie d’avaler un riz au lait que je n’arrive pas à terminer, je préfère boire. Pause ravito terminée, Jean-Claude me dit qu’il est temps de repartir et lorsque je me lève, j’ai des crampes abominables au niveaux des quadris, il fallait s’en douter…

C’est donc tant bien que mal, que nous quittons ensemble ce ravitaillement pour rejoindre le Lac des Gloriettes (771d+) que nous attaquons par un belle côte en sous-bois. Je précède Jean-Claude, mais je sens bien que chaque pas me demande un effort terrible. Je n’ai qu’une envie, celle de me poser un moment. Je laisse donc partir Jean-Claude sans le prévenir, chacun doit gérer sa course et je ne veux pas le retarder. A chaque fois que je trouve un rocher à ma hauteur je me pose quelques minutes pour reprendre mon souffle et tenter de retrouver mes esprits. Et puis l’inévitable se produit, je sens mon estomac se soulever et patatras tout remonte à trois reprises ! Bref, c’est pas la grande forme. Je suis vidé, j’ai du mal à tenir sur mes jambes, je n’ai plus aucune énergie.

Il n’y a plus aucun plaisir, seule la souffrance est présente, je suis dans l’impasse et le mental ne voit pas d’échappatoire possible en l’état actuel. Je me traîne comme je peux pour essayer d’avancer, mon seul but désormais est de rejoindre le ravitaillement du Lac des Gloriettes, rendre mon dossard et retrouver mes petites femmes qui m’attendent à cet endroit.

De pause en pause, je fais route avec Christophe, un compagnon d’infortune qui se trouve avec les mêmes maux que moi. C’est sa 3ème participation au GRP 120K, il a vécu exactement la même chose la 1ère année au même endroit et alors qu’il pensait abandonner il a réussi à le terminer ! Il me donne de l’espoir mais je suis tellement KO que pour l’heure ce n’est pas une solution envisageable. Cette année, il ne souhaite pas continuer et veut trouver un conducteur qui voudra bien le redescendre sur Gèdre. Je lui précise alors qu’il pourra profiter de notre voiture. Nous faisons donc route ensemble et avançons lentement, pas après pas. Ces 6,5 km me paraissent interminables et enfin nous passons sur le barrage des Gloriettes et arrivons au ravitaillement.

 

Lac des Gloriettes – 31,1e km

Je fais comme Sœur Anne, je cherche, je cherche mais ne vois rien venir. Mes petites femmes ne sont pas là ! J’en conclus que ne me voyant pas arriver, elles ont pensés que j’étais déjà passé… Christophe se pose à côté du ravito et j’en profite pour m’allonger un moment sur un petit bout d’herbe et tenter de dormir afin de reprendre un peu de force. 20 minutes plus tard je suis réveillé par 2 trailers qui vomissent à proximité… Christophe n’est plus là, il a certainement trouvé quelqu’un pour le rapatrier sur Gèdre. Je me pose au ravito, uniquement de l’eau plate sur celui-ci, j’essaie de mastiquer une moitié de barre énergétique pour laquelle je n’ai aucune envie. Après quelques minutes, je me lève pour rejoindre le Parking avec 2 autres trailers qui abandonnent, le but est de trouver un véhicule pour redescendre. Ils trouvent rapidement quelqu’un qui veut bien les prendre, j’hésite un moment lorsque l’un deux me dit “Tu vas trouver la force pour repartir, on ne veut pas t’inciter à abandonner comme nous !”, je souris, traverse le parking en direction de la suite du parcours. A cet instant, je n’ai pas plus d’énergie, mais me demande si il y a une possibilité de continuer.

Et puis, je pense à Diego, qui doit bien se marrer en voyant la situation de là-haut ! à mon jeune frangin, Aurélien, qui a fait une sacré chute récemment, bien blessé et qui revient de loin… à mes petites femmes mobilisées pour cet événement. Ais-je le droit d’abandonner pour si peu ?

Alors, je reprend la piste montante en marchant à petits pas, m’assoies à plusieurs reprises. La seule solution pour poursuivre est de m’alimenter correctement en souhaitant que l’estomac soit consentant. Il faut recharger en énergie ! Une demie compote pomme-banane-riz du coach va me faire le plus grand bien et une lubie, à cet instant, je prends 2 fraises Haribo, où il me faudra 10 minutes de mastication pour en venir à bout (spéciale dédicace à David, qui maîtrise parfaitement le Haribo ). Une jeune femme, également sur le 120K, me passe à côté, et m’encourage à continuer en me disant qu’on se retrouvera plus tard, merci à elle 🙂

Je repars donc lentement, très lentement, en direction de la Hourquette (Col) d’Alans, 738d+ et traverse une zone pastorale qui même vers le Cirque d’Estaubé, un endroit magnifique que nous avions fait en randonnée l’année précédente. Et au milieu coule une rivière, où je vais pouvoir me rafraîchir la tête, les jambes et les bras à plusieurs reprises. Un vrai bonheur ! Peu à peu, le sentier s’écarte de la rivière pour prendre de la hauteur. Ce n’est toujours pas la grande forme mais je sens que ça va mieux .

 

J’arrive à m’hydrater et à manger régulièrement. La montée se fait à faible allure mais sereinement. Je rattrape quelques trailers qui sont également dans le dur et je continue ma lente progression vers le col. Alors que le soleil se couche au loin, je franchis enfin la Hourquette d’Alans dans un décor grandiose, à gauche le Cirque d’Estaubé, à droite, au loin le Cirque de Gavarnie. La descente se fait en direction du Refuge des Espuguettes, 404d-. Il m’est désormais impossible de courir en descente, les quadris étant très douloureux. Il faudra faire avec, j’arrive toutefois à avoir une bonne vitesse de marche rapide.

 

Refuge des Espuguettes – 40,6e km

J’arrive à la nuit, le ravito est fort sympathique. Par trois reprises, je prends de la soupe chaude, un régal ! Quelques grignotages en salé, le plein des flasques, le temps de mettre une sous-couche technique, de bien caler la frontale et par chance, sur les conseils du refuge, j’arrive à trouver un peu de réseau pour prévenir ma moitié qui doit se demander dans quel état j’erre… Mes petites femmes sont au ravito de Gavarnie, elles m’attendent ! Alors, go, c’est reparti pour 744d-.

La descente dans le noir à la seule lumière de ma frontale pour m’éclairer, avec pour seul bruit le son des cloches des vaches et la voie lactée au dessus de ma tête est un spectacle magnifique. C’est un pure moment de bonheur, je suis aux anges 🙂

Je passe le CP3 – Hôtellerie du Cirque à 22h42, soit pratiquement 10h après avoir quitté Gèdre pour faire un peu plus de 20km. Ce coup de chaud m’a fait perdre énormément de temps que de toute façon je ne rattraperai pas…

 

Gavarnie – 48,3e km – Chrono : 13h16 – Heure d’arrivée : 23h16

Mes petites femmes m’attendent à l’entrée du ravito et me réconforte. Je suis très content de les voir et leur raconte mes mésaventures. Elles n’ont pu se rendre au Lac des Gloriettes car trop de monde était déjà sur place, et l’accès était très compliqué ! Au final c’est une bonne chose 😉

Jade m’assiste en faisant le plein de mes flasques, me donne par deux fois de la soupe avec des pâtes. Ma moitié s’occupe de refaire le plein de ma boisson isotonique, quelques minutes pour se reposer et il faut repartir. Je les embrasse car il est temps pour elles de rentrer, la route est longue pour rejoindre notre location. Le départ du ravito, pour ma part, se fait en mode robot, la démarche est loin d’être souple, les muscles ayant vite refroidi. Pas grave, ils vont avoir l’occasion de se réchauffer. Direction Gèdre (retour), 398d+, 761d-.

Une de mes interrogations avant le départ de cet Ultra Trail, était de savoir comment aller se passer une nuit complète en montagne et en course. A ma surprise, je dois avouer, que j’ai trouvé cela plutôt agréable et au final pas si difficile. Je n’ai pas souffert d’un manque de sommeil et n’est pas ressenti le besoin d’écouter de la musique pour me motiver. J’avais un bon rythme qui m’a permis de dépasser quelques trailers sur ce parcours.

En cours de route, je rattrape Arnaud, un jeune de 40 ans, qui est sur le 220K, en course depuis jeudi 22 août, 6h du matin ! Je le trouve bien vaillant, il est fort sympathique, nous échangeons pas mal, puis je le laisse car pour le moment je suis plus rapide en descente.

Plus loin, je double Bernard, également sur le 220K, également malade en début de course et ne pouvant plus s’alimenter pendant plusieurs heures, il est au final toujours en course et plutôt en forme. Bernard à plusieurs GRP à son actif : 160k, 220k. Il connaît le parcours comme le fond de sa poche 😉 Nous continuons ensemble jusqu’à Gèdre.

 

CP5 – Gèdre (retour) – 58e km – Chrono : 16h26 – Heure d’arrivée : 02h26

On change pas une équipe qui gagne, direction la soupe chaude, en double exemplaire, s’il vous plaît ! Je grignote à droite, à gauche puis reprends la route pour la base vie de Luz Saint Sauveur, 237d+, 926d-, 12,7 km plus loin.

Ce tronçon s’avère pénible de nuit, il faut redoubler de prudence, car à plusieurs reprises, il faudra se tenir aux lignes de vie présentes afin de s’assurer au mieux sur cette sente très étroite et ne pas chuter de plusieurs mètres…

Sur une partie plus large, je profite d’un moment de répits, pour lire quelques messages que m’ont laissé des amis et mes petites femmes. Chaque message est d’un réconfort et me booste encore plus dans ma détermination à avancer. Merci à Sabrina, David, Franck, ma moitié et Jade pour ces écrits qui me vont droit au cœur.

 

CP6 – Luz Saint Sauveur (Entrée) – 70,7e km – Chrono : 20h41 – Heure d’arrivée : 06h42

la nuit se termine déjà. Je ne suis pas mécontent d’arriver enfin sur cette base vie car la fatigue se fait bien ressentir. Beaucoup de trailers sont présents, attablés, couchés sur des lits de camps, ou en soin auprès de kinés, d’osthéos. Je récupère mon sac de vie et me trouve rapidement une place pour me restaurer. J’en profite pour remplacer intégralement ma tenue et changer de chaussures ce qui sera appréciable pour le reste de l’aventure. Avec Arnaud, nous nous inscrivons pour une séance de kiné ou il nous faudra patienter un bon ¼ d’heure avant notre tour, pour ma part ce sera massage des quadris . Puis je décide de m’octroyer 15 minutes de sommeil avant de repartir, au final ce sera 10 minutes de sommeil effectif 😉 Pas grave, c’est bon à prendre !

 

CP6 – Luz Saint Sauveur (Sortie) – 70,7e km – Chrono : 22h45 – Heure de sortie : 08h45

Il est grand temps de quitter la base vie, la barrière horaire est à 9h ! Direction Barèges, 884d+, 255d-, 8,8 km. Je prends le départ avec la sympathique Claire, qui nous vient de Belgique, que j’avais croisé à plusieurs reprises et notamment dans le sas de départ. Claire à un mental d’acier, un problème au genou l’empêche d’avancer plus vite, du coup toujours très juste au niveaux des BH, lorsqu’elle arrive à un CP elle dispose de peu de temps avant de repartir et toujours avec le sourire. Nous faisons donc un bout de route ensemble pour sortir de Luz mais dès que nous attaquons la montée elle se laisse distancer. Je me dit que l’on se croisera à nouveau sur un prochain ravito…

En ce samedi matin, la prévision météo ne sait pas trompé, il fait bien plus chaud que la veille ! Par bonheur, l’ascension vers Barèges se fait en grande partie en sous-bois 🙂

 

CP7 – Barèges – 79,5e km – Chrono : 25h03 – Heure d’arrivée : 11h03

Chouette j’ai repris un peu d’avance sur la BH qui est à 12h30 ! Pour autant, il ne faudra pas trainer, il reste 40 km pour terminer, la journée va être longue…  Je retrouve, entre autre, Arnaud et Bernard sur ce ravito. Chacun de nous en profite pour reprendre des forces et faire le plein des niveaux. GO ! Direction le Refuge de la Glère, 791d+, 16d-, 8,2 km.

J’apprendrai plus tard que j’ai loupé mes petites femmes, elles se sont basées sur l’estimation horaire de l’arrivée à Barèges du Live Trail et pour une fois j’étais en avance , et comme il n’était pas prévu de se retrouver à cet endroit, je suis donc parti avant qu’elles arrivent…

Ces 791m de dénivelé positif se font sous un soleil de plomb ! Nous évoluons désormais en un petit groupe, dont Arnaud et Bernard sont toujours présents. Une rivière à proximité nous permet à chaque fois qu’il est possible de tremper casquette, jambes, bras, visage afin de nous rafraîchir un peu et même si c’est de courte durée cela fait un bien fou.

 

CP8 – Refuge de la Glère – 87,7e km – Chrono : 28h25 – Heure d’arrivée : 14h25

2h d’avance sur la BH ! Alors que je ressens le besoin de m’alimenter sur chaque ravito, Bernard n’avale rien hormis de l’eau, je ne sais pas comment il fait…  Un remplissage des flasques, un trempage de casquette, un salut aux bénévoles et nous voilà en route pour Cabane d’Aygues Cluses en passant par Hourquette de Mounicot et le Col de Madamète, au total 731d+, 703d-, 8,7 km.

Cette section va être éreintante ! En effet, il nous faudra plus de 5h pour faire ce tronçon, à évoluer sur un dédale de bloc de granit ou il nous faut être très concentrés et certain de ses appuis. Les pieds se tordent dans tous les sens pour adhérer au mieux à ces blocs de pierres. Il faut jouer les équilibristes en permanence et avec les kilomètres que nous avons accumulés dans les jambes c’est loin d’être une partie de plaisir. A ce stade là, nous sommes tous surpris de la technicité du terrain, le mental en prend un coup mais quoi qu’il arrive il nous faut continuer à avancer… Heureusement, la vue sur de nombreux lacs plus ou moins proche est superbe 🙂

 

Arrivé à Cabane d’Aygues Cluses – 96,5e km, pas de CP !

Nous sommes désormais bien plus nombreux car c’est également le point de rencontre avec les Trailers du Tour des Lacs – 80K

A partir de cet endroit, les 3 épreuves (80k, 120K et 220k) empruntent le même parcours pour rejoindre l’arche d’arrivée.

Une pause s’impose : Un peu de grignotage, toujours de la soupe :), le plein en eau, le temps de sortir la frontale et hop direction Hourquette Nère, 306d+, 2,1 km.

Et je sais que désormais j’arriverai au bout de cet Ultra Trail. Ce ne sont pas ces quelques 20 bornes restantes qui m’en empêcheront ! Le mental est à bloc !

J’en profite pour poursuivre la lecture des messages des amis que je n’avais pas encore lu, c’est un vrai régal, j’en souris et en ris en pleine ascension de ce col, merci.

 

CP9 – Hourquette Nère – 98,5e km – Chrono : 34h53 – Heure d’arrivée : 20h53

Le CP a été déplacé à cet endroit car plus bas il n’y avait pas de réseau pour relayer le suivi des coureurs sur le Live Trail. Passé le Col, nous attaquons une descente et nous dirigeons vers Merlans, 162d+, 587d-, 7,8 km.

Le soleil s’est couché, tout le monde allume sa frontale et pour la plupart nous nous suivons en file indienne, seuls les plus en formes arrivent à doubler dans la descente bien caillouteuse et où sévissent de biens belles racines proéminentes. Je joue la prudence, mes quadris de toute façon m’empêchent toute fantaisie et je me garderai bien de me blesser à ce niveau de la course .

Il fait désormais bien nuit, et toujours au dessus de nos têtes un ciel magnifiquement étoilé. Les discussions entre trailers ont cessées, chacun est concentré sur ses pas.

Il me semblait qu’il y avait quelque chose d’anormal depuis quelques temps mais je viens de comprendre : Ma démarche n’est pas très précise ! Je dois commencer à manquer de lucidité. Je dispose d’un gel au café que je prendrai lors du ravito de Merlans.

 

CP10 – Merlans – 106,3e km – Chrono : 37h21 – Heure d’arrivée : 23h21

Nous sommes accueillis par un groupe de bénévoles qui applaudissent, qui chantent, qui nous disent que c’est magnifique ce que l’on est en train de faire… Merci à vous d’être présents, de donner de votre temps !

Je n’aurai jamais bu autant de soupe de ma vie que pendant ces dernières 40 heures…

Pour la dernière fois je refais le plein en eau, mange un peu, enfile un vêtement chaud, avale ce fameux gel au café, et avant de repartir j’appelle ma petite femme pour la prévenir que j’attaque la dernière section, et pas des moindres puisqu’il reste, 177d+, mais surtout 1470d- pour un total de 13,5 km. La descente risque d’être longue compte tenu de l’état de mes quadriceps. Cela lui laisse le temps de se mettre en route pour l’arrivée 🙂

Je suis saisi par le froid en quittant le ravito, mais les 177d+ pour franchir le Col du Portet vont vite me réchauffer.

La descente s’amorce par le GR10, au début c’est très raisonnable puis ça se complique par moment avec des passages droit dans la pente et sur une piste bien terreuse.

Trois glissades et deux atterrissages sur les fesses me rappellent que les jambes sont bien raides.

Passé Soulan, J’envoie un sms à ma petite femme pour lui dire qu’il me reste 5 petits km à parcourir avant de franchir la ligne d’arrivée.

Je partage ces derniers kilomètres avec Christophe, qui termine le 80k, nous échangeons beaucoup, c’est fort sympathique.

Nous voici maintenant à Vielle-Aure, il nous reste un dernier kilomètre à parcourir, nous nous faisons doubler par Laurence, elle aussi sur le 80K. On se fait alors la remarque que l’on pourrait terminer en courant, ce que nous allons faire. Nous rattrapons Laurence qui ne peut tenir notre allure. Il reste un centaine de mètre, nous attendons Laurence et la laissons franchir cette ligne d’arrivée en premier.

Mes petites femmes sont arrivées juste à temps, on s’embrasse, on se serre dans les bras. Quelle joie, quel bonheur !

Voilà, elle est franchie cette ligne d’arrivée au terme d’un périple de 120 kilomètres, 7000 mètres de dénivelé positif, alors que tout me semblait cuit au 27e kilomètres. Il m’aura fallu beaucoup de détermination pour arriver au bout, le mental a tenu le coup 🙂

Alors loin de l’objectif des 30h que j’avais envisagé, c’était sans compter ce bug.
Un total de 41h00 de course pour voir enfin l’arche d’arrivée mais au final tellement heureux d’y être parvenu…

Ce GRP 2019 – Tour des Cirques restera longtemps gravé dans ma mémoire pour ses paysages grandioses, sa technicité, son ambiance, ses bénévoles, et sa difficulté.

 

Remerciements

  • A ma moitié, pour ton mot, ton amour, tes sacrifices car un pseudo sportif comme moi c’est souvent chiant au quotidien surtout avec l’alimentation.
  • A Jade, pour ton message, pour avoir été présente sur cette course, pour le réconfort.
  • A Sabrina, David et Franck pour vos supers messages. A l’heure ou j’écris ces lignes, je relis encore vos mots et me laisse submerger par l’émotion : Des larmes, des sourires, des rires et encore des larmes !
  • A vous tous, les amis, pour vos commentaires lors du suivi de course car même si je ne pouvais les lire sur le moment j’ai pris beaucoup de plaisir à le faire par la suite 🙂
  • A Alain Roche mon coach pour plusieurs raisons :
    • Sans ton coaching je ne me serai jamais lancé sur une telle aventure ! J’ai pris beaucoup de plaisirs à suivre tes plans d’entraînements tout au long de cette préparation.
    • Pour ta compote magique pomme-banane-riz qui m’a permis de repartir alors que j’étais à deux doigts d’abandonner.
    • Pour ta super recette du sandwich maison à la viande de grison, comté, avocat qui m’a redonné le goût de manger après mon coup dur !
  • A M. Tavernier, mon kiné, pour ces séances d’avant course sur les assouplissements et le TFL. Aucun syndrome TFL sur cette distance !
  • Aux bénévoles, d’être présents, toujours au petits soins pour les coureurs !
  • A tous les concurrents pour ces échanges, ces moments de partages et d’entraides !

Enfin, merci à vous tous qui avez pris le temps de lire ce récit de course 🙂
Place à une bonne récupération avant de repartir sur d’autres aventures…

 

Annexes

Grand Raid des Pyrénées 2019 | Best Of