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De retour de La Grande Traversée du Mercantour.

Une aventure un peu folle avec des paysages à la beauté époustouflante, démesurée, vertigineuse et parfois effrayante…

Avec Florent, nous nous étions fixés 5 jours pour relier Estenc à Menton soit 210km, 12000d+ et 13000d- en mode rando-trail…
Nous avons donc rejoint le refuge d’Estenc dans la journée de dimanche (Merci à Jean-Michel pour le taxi ;)) afin d’être frais et dispo dès lundi matin.

 

Carte de La Grande Traversé du Mercantour

Carte de La Grande Traversé du Mercantour – Image @randoxygene

 

Jour 1 – Lundi 27 août

6h45, départ de l’aventure, nous quittons le refuge d’Estenc pour relier Saint Dalmas-le-Selvage (17,8 km, 710d+, 1070d-), une première partie très bucolique et plutôt facile.

La Grande Traversée du Mercantour – En compagnie des brebis…

Arrivé au Gîte d’étape de Saint Dalmas-le-Selvage, nous ne trouvons personne pour prendre une petite collation. Une barre énergétique et quelques minutes de pause et nous reprenons la route pour Bousiéyas (18 km, 1190d+, 825d-). En cours de route nous manquons d’eau, et la faim se fait sentir mais Bousiéyas n’est plus très loin et des randonneurs fort sympathiques nous confirment qu’ils connaissent le refuge et qu’on y mange très bien…

Bousiéyas, le refuge est exceptionnellement fermé ce jour, mais heureusement le petit café “Chez Marcel” est ouvert, une portion de gâteau (pas d’autre choix) et une boisson pour une pause nécessaire avant de reprendre notre chemin sans oublier de faire le plein en eau. Direction Ferrière ultime étape de cette première journée (12,4 km, 835d+, 820d-). La fatigue se fait bien ressentir lors de l’ascension du Col des Fourches et du Col de Pouriac.

Nous arrivons enfin au Refuge de Ferrrière à 19h10 pour un repos bien mérité. Mission du jour accomplie !        

Total jour 1: 49,01 km, 2735d+, 2715d-

Jour 2 – Mardi 28 août

Un départ à 5h55 direction le Lac de Vens et son Refuge (7,5 km, 825d+, 350d-, alt départ : 1880m) . Le repos salvateur de la nuit a porté ses fruits, le rythme est bon. Nous passons le Col du Fer puis le Collet de Tortisse et descendons vers le Refuge de Vens, la vue y est magnifique.

La Grande Traversée du Mercantour – Lac de Vens

Nous profitons du Refuge pour faire une petite pause sans oublier de se restaurer et refaire le plein en eau. Direction Refuge de Rabuons (13 km, 495d+, 350d-, alt départ : 2380m).

Avant le collet des Babarottes, nous ratons la bifurcation et descendons une partie du vallon, un détour qui nous coûte 4,5 km, 400d+ et 400d- (la boulette). De retour sur le bon itinéraire nous prenons le chemin de l’énergie mais celui ci est fermé entre les balises 111 et 110 nous obligeant à emprunter la déviation en montant au Lac de Fer et en descendant au Lac Pétrus (pas prévu au programme du jour cette petite plaisanterie). Enfin l’arrivée au Refuge de Rabuons va nous permettre de se restaurer et reprendre des forces.

Mais il est 13h30, nous avons parcouru 25 km et il en reste 28 pour arriver au Sanctuaire Santa Anna di Vinadio, notre Refuge du soir. Ça va être difficile… Nous reprenons notre itinéraire en direction du Refuge A.Foches (15,7 km, 665d+, 1250d-, alt départ : 2523m). Même si nous avançons à bon train, le soleil cogne, les heures passent, notre résistance est bien entamée.

En arrivant au Pas de Colle Longue (alt. 2533m) nous savons que nous n’irons pas à Santa Anna di Venadio ce soir et prenons la décision de stopper pour la nuit au refuge A.Foches.

Total jour 2 : 42,03 km, <>3000d+,
Cumul : 91,04 km, 5735d+

 

Jour 3 – Mercredi 29 août

Départ du Refuge A.Foches à 6h14 et direction Santa Anna di Venadio (12,1 km, 960d+, 730d-, alt départ : 1913m). Pour rattraper notre retard, nous avons donc une étape à rajouter sur notre total du jour soit 48,9 km, 2674d+, 2985d-.

Le gardien du Refuge nous ayant conseillé deux autres itinéraires afin de gagner du temps et raccourcir un peu la distance : 1) Passer par le Pas du Boeuf avec un passage difficile sur une centaine de mètres… 2) Eviter de descendre jusqu’à Isola 2000 afin de poursuivre sur le Refuge de la Questa. Nous voici donc en route et au fameux Pas du Boeuf, nous voyons la petite sente à emprunter et nous crapahutons tant bien que mal, il s’avère que nous ne sommes pas du tout là où nous devrions être mais nous ne le savons pas encore. Cette ascension va se finir en escalade, pas très fier de nous, car pas du tout équipés pour, avec nos sacs avoisinants les 5,5 kgs sur le dos. Au total une grosse perte de temps surtout qu’une fois sur la crête il nous a fallu trouver une voie pour redescendre. Bref, beaucoup d’émotions et beaucoup de temps perdu.

Au sanctuaire Santa Anna, une pause sandwich et boisson avant de repartir pour Isola 2000 (9,2km, 430d+, 355d-, alt départ : 2035m). Au col de la Lombarde (alt. 2350m) à l’aide de l’application nous trouvons le chemin qui doit nous mener à Terres Rouges en évitant le crochet par Isola 2000 afin de poursuivre sur le Refuge de la Questa. Deuxième erreur de la journée en faisant une mauvaise interprétation des courbes de niveaux car trop focalisés sur notre avancement, nous faisons l’ascension de la cime de la Lombarde (2800m) et continuons par le Pas du Loup et arrivons enfin à la bifurcation entre Isola 2000 et le Refuge de la Questa.

La Grande Traversée du Mercantour – Cime de la Lombarde

Ce parcours se fait dans un univers effrayant de pierriers et d’éboulis ou chaque pas demande une attention et une concentration énorme. A cette altitude mis à part de la roche, des cailloux, des arêtes vertigineuses il n’y a plus rien d’autre… Impressionnant ! Encore une grosse perte de temps et d’énergie. A cette bifurcation il nous reste du chemin à parcourir avant d’arriver au Refuge de la Questa et puis encore 19,2 km pour rejoindre le Refuge du Boréon… C’est cuit, pour moi je ne vois pas comment je vais réussir à trouver l’énergie nécessaire, je suis claqué. Nous prenons la décision de descendre sur Isola 2000 et de là trouver une solution pour rejoindre le Refuge du Boréon en bus ou autre.

Arrivés à Isola 2000, point de bus, il est déjà passé et de toute façon cela ne nous aurait pas mené au Boréon ! Cette fin de journée va se jouer à la façon de Pékin-Express ou par une chance incroyable, nous qui ne pratiquons jamais l’auto-stop nous allons trouver 4 véhicules dont les conducteurs vont nous mener à destination. Peut être ont-ils eu pitié de voir deux rando-traileurs à la mine défaite et dans leur jus faire du stop au bord de la route, en tous cas un grand merci à eux 🙂 On va même se payer le luxe d’arriver avec 20 minutes d’avance sur l’heure du repas, sauvé… Mais mission du jour “failed” !

Total jour 3 : 28,07 km, 2260d+,
Cumul : 119,11 km, 7995d+

 

Jour 4 – Jeudi 30 août

Départ du Refuge du Boréon à 6h17 en direction du Refuge de Madone de Fenestre (12,3km, 680d+, 1085d-, alt départ : 1500m). On attaque la montée vers le Pas des Ladres qui se trouve à 2448m. Super, sauf qu’il y a erreur sur le site du GTM concernant le D+ de l’étape, en partant de 1500m et en montant à 2448m, il ne peut pas y avoir que 680d+, au minimum il manque 300m de dénivelé positif… Cadeau du jour, une broutille 🙂

Une fois le col passé, un petit contournement nous permet d’éviter le passage par le Refuge Madone de Fenestre et de continuer vers le Refuge de Nice (5,3 km, 745d+, 410d-, alt départ : 1820m). Le passage par le Pas du Mont Colomb à 2548m se veut d’une grande technicité aussi bien en montée qu’en descente, concentration maximale pour évoluer sur ces éboulis. La moindre chute en descente à cet endroit mettrait certainement un terme à l’aventure…

La Grande Traversée du Mercantour

Après beaucoup d’efforts, très satisfait d’arriver au Refuge de Nice, toujours sous un temps magnifique. Une pause s’impose et nous profitons de l’endroit pour savourer une délicieuse daube accompagnée de pâtes :). Un grand bonheur de pouvoir manger un bon plat, chaud et salé. Cela nous change des barres sucrées, qui ont de plus en plus de mal à passer. On a refait le plein en eau, il est temps de repartir pour le Refuge des Merveilles (9,7 km, 670d+, 760d-, alt départ : 2232m).

A nouveau un passage très technique avec la Baisse du Basto (alt. 2693m). On avance lentement, mais sûrement… On enchaîne avec la Baisse de la Valmasque (alt. 2540) plus facile, puis la descente vers le Refuge des Merveilles, où on va pouvoir se payer le luxe de courir sur les derniers kilomètres. Refuge des Merveilles, une tarte aux myrtilles et une boisson sucrée, 15 minutes d’arrêt.

On fait le point il est 16h10, il est temps de reprendre la route pour Camp d’Argent (12,9 km, 610d+, 985d-, alt. départ : 2130m). Le temps a changé, on nous annonce un possible orage vers le Pas du Diable (alt. 2340m) et le Col de Raus (alt. 1999m) que nous devons emprunter. Si c’est le cas il faudra faire demi-tour et retourner aux Merveilles car trop dangereux. On ne traîne pas, on file à bon rythme et on passe successivement ces deux difficultés. On entame la descente, les paysages changent, l’herbe est bien verte, de beaux mélèzes, le sentier est roulant même s’il reste encore quelques bosses à passer. Nous allons finir cette journée en courant, soit sur le total de la journée, un petit marathon mais avec 3000m de dénivelé positif ;). Arrivés au Gîte d’étape de Camp d’Argent à 19h15. Mission du jour accomplie !

Total jour 4 : 41,19 km, 3000d+,
Cumul : 160,3 km, 10995d+

 

Jour 5 – Vendredi 31 août

Départ du Gîte d’étape de Camp d’Argent à 5h38 en direction de Sospel (19,5 km, 470d+, 1850d-, alt. départ : 1737m) sous un ciel nuageux et par une sente très étroite. L’herbe haute gorgée d’eau nous arrose copieusement les jambes et nous avons les pieds bien trempés ! Dommage pour la vue, nous ne voyons pas grand chose alors que le panorama semble être magnifique mais paradoxalement cela va nous permettre de moins souffrir de la chaleur. Une succession de bosses et de creux jusqu’au 11e km où nous attaquons, par la suite, une descente sur Sospel avec un beau dénivelé négatif bien usant en cette fin d’aventure.

Nous arrivons à Sospel en 4h40 après 21,7 km (à la montre). C’est l’heure de la pause réconfort, une “bruschetta” et un coca pour Flo, un “panini” et perrier menthe pour moi en guise de vrai petit déjeuner ;). A 11h, après avoir bien rempli nos réserves en eau nous reprenons la route pour l’ultime étape de cette aventure en direction de Menton (17 km, 1150d+, 1480d-, alt. départ : 350m). En passant devant une boulangerie, je ne peux m’empêcher de m’offrir une petite gourmandise 😉 pour stimuler mon cerveau car je sais que cette dernière étape va être usante…

Nous voilà reparti pour le Col du Razet et Colla Bassa (alt. 1108m) que nous atteignons au km 7,3, une ascension qui se fait en grande partie en sous bois bien ombragé, ce qui est plutôt agréable car même si le ciel est encore un peu nuageux, il fait de plus en plus chaud. Passé Colla Bassa, il faut perdre <>200d- avant d’attaquer la montée vers le Col du Berceau, le dernier dénivelé positif de cette GTM. Arrivé au Col du Berceau (alt. 1090m), une pensée pour mes parents, qui nous ont mené, à maintes reprises, mon frère et moi, lorsque nous étions gamins à cet endroit. J’aime l’idée de finir la dernière montée de cette Grande Traversée du Mercantour par l’endroit où je commençais à faire mes premières randonnées, il y a plus de 40 ans…

Avec Florent, nous profitons de la vue sur Menton et de la grande bleue avant de s’attaquer à la grande descente, 1090m de dénivelé négatif pour arriver au niveau de la mer !

La Grande Traversée du Mercantour – Vue sur Menton

Il nous reste 6 km pour arriver à la balise n°1 du GR 52, mais je peux vous dire que cette descente est éreintante, l’accumulation de fatigue dans les jambes, le terrain glissant et le degré de la pente fait que la progression est plus que lente, mais à chaque pas de fait, on se rapproche un peu plus de l’arrivée. Les nuages ont disparu et le soleil s’en donne à cœur joie. Il nous faut gérer au mieux la consommation d’eau pour ne pas manquer avant l’arrivée. Nous croisons à plusieurs reprises des randonneurs bien courageux chargés comme des mules, qui eux montent. Les kilomètres passent lentement, très lentement. On passe sous l’A8, la terre et les caillasses du GR ont laissés place aux marches et pentes en bétons et enfin sous un pont des chemins de fer, la balise N°1 du GR 52 est là. Une grande joie s’empare de nous, nous sommes à l’arrivée de cette GTM. Encore un peu de distance à parcourir pour récupérer notre véhicule et surtout aller prendre un bon bain de mer à la plage des Sablettes. Mérité, non ? Mission du jour accomplie !

Total jour 5 : 39,52 km, 1620d+, 3330d-
Cumul : 199,82 km, 12615d+

Quelques chiffres :

  • Au total : 199,82 km en 5 jours sur les 210 de la GTM
  • Pour ma part : 4,4 kg de moins sur la balance le lendemain de l’arrivé.
  • Une moyenne de pratiquement 6 litres d’eau consommée en journée pendant la rando-trail.

Conclusion : 

  • Attention au balisage GTM : Il est souvent inexistant. Le petit carré de couleur verte est manquant sur beaucoup de pancarte !
  • Ne pas oublier de partir avec le road-book, il est indispensable !
  • De préférence, se familiariser à l’utilisation d’une application GPS avant le départ 😉
  • Le parcours est d’une très grande beauté, des paysages époustouflants, parfois seul au monde…
  • Nous avons eu une chance incroyable niveau météo, pas un seul orage, juste quelques gouttes de pluie le dernier jours.
  • Nous avons fait de belles rencontres et partager beaucoup avec des randonneurs tout le long de ces 5 jours, que ce soit en journée ou le soir en refuge. Des jeunes et des moins jeunes, à plusieurs et parfois solitaire et en autonomie complète.
  • Nous avons croisés un nombre incroyable de marmottes, de chamois, de brebis, de vaches…
  • Flo, tu as un sacré appétit 😉 et très content d’avoir pu partager cette aventure avec toi !!!

Pour répartir ces étapes, nous avions pris en compte l’altitude, le kilométrage, le Dénivelé positif et négatif, il nous manquait un facteur important : La technicité du terrain, très chronophage…

Et courir avec un sac d’environ 5,5 kgs (eau comprise) n’est pas évident…
Nous l’avions voulu sportive cette traversée et bien nous n’avons pas été déçu !
Ce fut une belle aventure !

Et si c’était à refaire ? Oui, mais avec des distances plus raisonnables, en ne dépassant pas 30 km par jour (ce qui est déjà pas mal) pour prendre plus de temps et apprécier à sa juste valeur les paysages, la faune et la flore de ce beau Mercantour…

 

Annexes :

Le tracé de la GTM (Grande Traversée du Mercantour) en 16 étapes…

 

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