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Sur les traces de l’UTMB – Le Tour du Mont-Blanc en Rando-Trail et en 4 jours.

Parti dimanche matin pour rejoindre Chamonix, je récupère Aurélien, le benjamin de la fratrie (18 années nous séparent), dans l’après-midi à Chambéry et terminons ensemble la route qui nous mène à Chamonix. Le temps de poser nos affaires à l’hôtel, nous partons dans le centre afin de repérer le départ pour le lendemain, place du Triangle de l’Amitié, lieu de départ et d’arrivée du fameux UTMB !

En cette fin de journée, le thermomètre affiche un petit 30°. Nous évitons le soleil, il n’est pas nécessaire de se prendre un coup de chaud la veille du départ.

Une petite bière, pour se donner des forces 😂 et une pizza, il est l’heure d’aller se coucher pour être en forme à la vue du programme qui nous attend…

Le Parcours de l’UTMB, une petite balade de 170km pour 10000m de dénivelé positif | Image @UTMB

Jour 1 – Lundi 24 juin – Chamonix – Refuge de la Balme

Après une petite photo place du Triangle de l’Amitié pour immortaliser ce moment, nous prenons le départ à 7h30, avec nos sacs de 6kg sur le dos, pour 4 jours d’aventures.
4 jours pour faire le Tour du Mont-Blanc en suivant la Trace de l’UTMB qui emprunte en grande partie le GR TMB avec quelques variantes.
4 jours pour parcourir ces 170 km, 10000m de dénivelé positif.

Suivant le proverbe “Qui veut voyager loin, ménage sa monture”, nous démarrons en trottinant tranquillement, dans les rues de Chamonix, ce qui permet également au matériel GPS de se synchroniser et prenons la direction de “Les Houches”. C’est roulant, plutôt agréable et frais avec la proximité de l’Arve. Passé “Les Houches”, nous attaquons la montée vers le Col de Voza, un petit 800m de D+ que nous avalons en marchant et en papotant.

C’est la première fois que je partage une telle aventure avec mon plus jeune frère, j’en suis très heureux et c’est également l’occasion d’échanger… C’est également une première pour lui, qui n’a jamais parcouru autant de distance par jour et encore moins sur plusieurs jours. Une pensé pour Florent, qui devait être de la partie, mais qui est retenu par ces nouvelles obligations professionnelles (une nouvelle aventure pour lui 😉).

S’ensuit une forte descente, droit dans la pente, bien casse patte. Je ressens très rapidement le fameux syndrome TFL à droite. Tout juste 14km de parcourus que la mécanique commence déjà à gripper 😂. Est-ce que je paye ces 3 dernières semaines de repos suite à une légère déchirure Tennis Leg à droite ? Ce n’est pas de bol, mais il va falloir composer avec, m’obligeant à sérieusement lever le pied en descente et par conséquent ralentir la cadence.

Arrivés à Saint-Gervais-Les-Bains (20e km), nous en profitons pour casser la croûte, une pause bienvenue pour reprendre des forces avant de repartir en direction de Les Contamines-Monjoie (31e km), sur un profil montant. Il est 14h30, le soleil cogne, nous tirons la langue, à chaque fois qu’il est possible nous nous rafraîchissons, au gré des cours d’eau que nous rencontrons ou des fontaines. Un réconfort lorsque l’eau fraîche vous ruisselle sur la tête et dans le cou. Arrivés à Notre Dame de la Gorge (35e km), nous attaquons le dernier tronçon de 460D+ pour atteindre le Refuge de la Balme où l’accueil y est fort sympathique. Par chance, nous bénéficions d’une chambre 4 places pour nous deux, cette nuit nous devrions bien dormir, ce qui n’est pas souvent le cas en refuge 😉

Chiffres du jour :

  • Durée (hors pauses) : 8h25
  • 41,14 km, 2035 D+, 1404 D-

 

Jour 2 – Mardi 25 juin – Refuge de la Balme – Courmayeur

5h, l’heure de se lever pour attaquer cette 2e journée avec un programme chargé et compte tenu du TFL, il vaut mieux anticiper, et partir un peu plus tôt. Qui plus est, nous allons trouver encore beaucoup de neige sur une partie du parcours et la progression sera forcément plus lente.

Nous quittons notre chambre sans bruit et nous nous installons dehors pour prendre le petit déjeuner que le personnel du refuge nous a gentiment préparer la veille. 5h du matin, en tee-shirt manche courte à 1706m, il fait doux, ça promet pour le reste de la journée…

Départ 6h00 avec un premier tronçon pour franchir le Col du Bonhomme (2329m, 623d+), une bien belle grimpette que l’on apprécie d’autant plus qu’il est encore tôt ! C’est également l’occasion de tester du matériel ; des crampons chaînes que l’on fixe sur les chaussures de trails et qui vont s’avérer d’une aide précieuse lors de traversées en fort dévers. Passé le Col, direction le Refuge du Bonhomme, où nous nous arrêtons pour une petite pause café/thé et une part de gâteau :). De là, nous décidons de prendre une variante en passant par le Col des Fours (2668m, 351d+), nous évitant ainsi la descente vers Les Chapieux et espérant soulager la douleur occasionnée par le TFL. Suite à une petite erreur de navigation, nous nous payons même le luxe de faire un petit crochet par la Tête Nord des Fours (2756m), la vue y est superbe mais avec la neige et ne connaissant pas le terrain nous rebroussons chemin vers le Col afin de reprendre la bonne trajectoire.

Sur les Traces de l’UTMB – Proche du Col des Fours – Photo @Aurélien

La descente du Col des Fours dans la neige est compliquée. Aurélien, qui commence à avoir des symptômes douloureux au niveau de la voûte plantaire, mollet et l’intérieur du genou côté droit, montre l’exemple avec une technique qui s’avère très efficace : la descente façon toboggan. C’est simple : on s’assoit, on se laisse glisser, on s’économise et en plus on rigole bien… et on a l’arrière train bien gelé 😂 histoire de nous rafraîchir quelques temps.

Plus loin, en voulant prendre une photo, je m’aperçois que mon téléphone ne fonctionne plus, bien qu’il ait été protégé. Damned ! Heureusement que celui d’Aurélien est opérationnel.

Nous voilà au Village des Glaciers (13e km, 1784m, 886d-), le temps de faire le plein en eau nous reprenons notre route vers le Col de la Seigne (2514m, 750d+), en plein cagnard…

Dans ces longues montées, le rythme est bon, aucune gène au niveau TFL qui se manifeste uniquement en descente et légèrement sur le plat. Col de la Seigne (20e km),  encore un endroit de toute beauté. Désormais en Italie, nous profitons quelques minutes de la vue tout en reprenant notre souffle avant d’attaquer la descente qui va nous mener au Refuge Elisabetta Soldini Montanaro (2196m), pour la pause déjeuner. Pas mécontent d’arriver, la faim se fait sentir, un bon plat de pâtes chacun et un “fanta” pour se requinquer un peu avant de rattaquer la suite de notre étape du jour. La Trace UTMB nous complique quelque peu le parcours, nous obligeant à traverser de gros névés en descente et en dévers ce qui n’arrange en rien les symptômes douloureux d’Aurélien alors que nous pouvons apercevoir le GR TMB en contrebas nettement plus praticable que nous allons rejoindre plus loin. A nouveau, nous quittons le GR TMB pour une petite sente montante en direction de “l’ARP Vielle Inferiore” et son point culminant à 2420m (29e km), bien usante en cette après-midi caniculaire. Nous amorçons la descente en direction du Refuge Maison Vieille (34e km), sans faire d’arrêt et continuons vers notre dernier tronçon du jour, direction Courmayeur.

Le fort dénivelé négatif de la descente sur Courmayeur est éreintant, nous avançons chacun à notre rythme, concentré sur nos pas ou comment minimiser l’impact de la douleur à chaque pas…

Il nous faudra plus d’une 1h20 pour parcourir ces 4 derniers malheureux kilomètres, au rythme de 20 minutes au kilomètre, nous avons l’impression de faire du sur-place et pour Aurélien se doit être un réel supplice… Enfin nous arrivons à la fin de l’étape du jour, maintenant il nous faut simplement trouver notre hôtel dans Courmayeur, 1,8 km plus loin 😂.

Autant le dire tout de suite, une fois l’hôtel trouvé, nous n’avons pas trainé : Une douche salvatrice, un dîner et au lit pour recharger les batteries…

Chiffres du jour :

  • Durée (hors pauses) : 11h38
  • 38,33 km, 2371 d+, 2834 d-

Cumuls

  • Durée (hors pauses) : 20h03
  • 79,47 km, 4406 d+, 4238 d-

 

Jour 3 – Mercredi 26 juin – Courmayeur – Champex Lac

Lever 5h ! La veille, nous avons réussi à négocier un sac comprenant un petit déjeuner à récupérer à 5h30 auprès de la réception. Le veilleur de nuit, que nous réveillons en arrivant à la réception à la gentillesse de nous faire 2 expressos que nous buvons sur le coup avant de remonter dans notre chambre pour prendre notre petit déjeuner. 6h, nous quittons l’hôtel et nous mettons en marche afin de retrouver le départ de la trace du jour.

6h27, enfin sur la trace, nous voilà parti en direction du Refuge Giorgo Bertone (1982m, 771d+, 3,5 km), il fait déjà chaud, nous montons tranquillement mais surement. A proximité du refuge, nous nous arrêtons pour refaire le plein des flasques et bien mouiller nos casquettes puis reprenons sans tarder vers le Refuge Walter Bonatti (2047m, 502d+, 11e km) par une sente plutôt roulante et assez verdoyante, où malgré nos douleurs nous arrivons à courir sur une bonne partie de ce tronçon. Nous avons même le plaisir de nous retrouver parmi une centaine de vaches se déplaçant dans la même direction que nous et avec lesquelles nous partagerons un bout de ce sentier. J’adore les vaches 🙂

Photo @Aurélien

Arrivé au Refuge Bonatti, nous nous accordons une pause pour manger la pomme que nous avions eu avec notre petit déjeuner, refaire le plein en eau et nous rafraîchir la tête. Bon nombre de randonneurs sont sur le départ, alors que vient d’arriver un groupe de 6 trailers étrangers, que nous saluons. Il est temps pour nous de reprendre notre course afin de rejoindre le Refuge Elena, Fraz. Lavachey (2053m, 409d+, 19e km). Nous arrivons trop tôt au Refuge Elena, le service ne débutant pas avant 12h30, nous nous contentons de faire le plein des flasques et trempage des casquettes en bonne et due forme avant de repartir pour franchir le grand Col Ferret (2538m, 485d+, 21,5km). La pause déjeuner attendra le prochain refuge…

Je pars trop vite dans cette ascension. Erreur stratégique, que je vais payer par un bon coup de chaud, le cardio bien trop haut, limite nauséeux. Quelques minutes d’arrêt au Col afin de reprendre ses esprits et contempler une fois de plus la beauté du site. Beaucoup de randonneurs se trouvent au Col, encore bien enneigé. Nous sommes désormais en Suisse. On y entend parler Français, Italien, Anglais, Allemand, Japonais, Russe.

Nous reprenons notre route en direction du Refuge de La Peule sur un profil descendant et enneigé. Nous croisons à nouveau le groupe de 6 trailers, des échanges avec le coach, fort sympathique, nous apprennent qu’il s’agit du groupe “Run The Alps”, qu’ils sont en entrainement sur la journée, et que samedi 2 membres de l’équipe seront au départ sur le Cross du Mont Blanc (23km, 1680d+), une des disciplines du Marathon du Mont Blanc qui se tient à Chamonix cette fin de semaine. Enjoy !

Avec Aurélien, nous avons maintenant la bonne technique sur la neige : Sortir de la trace et courir, c’est moins pénible au niveaux des appuies et bien plus rapide 😉

25e km, 13h30, ravitaillement à La Peule, attablés en terrasse à l’ombre, et heureusement car sinon, nous n’aurions pu rester dehors tellement le soleil brûle, nous dégustons une bonne omelette au fromage sans oublier un soda bien frais, histoire de se requinquer à nouveau. Nous retirons chaussures et chaussettes pour faire sécher nos pieds bien trempés par la traversée des nombreux névés. Un pure moment de bonheur. Parfois, il ne faut pas grand chose… 😂

Après une heure de pause, le plein en eau refait, nous sommes à nouveau sur le départ, lorsque je croise un nouveau trailer, très affûté. Nous discutons quelques instants : Il est parti de Courmayeur ce matin, comme nous mais 3 heures plus tard 😮 et va, comme nous à Champex Lac. Il est en repérage pour la CCC, Trail de 101km pour 6100d+ au départ de Courmayeur, une des fameuses épreuve de l’UTMB, qui se déroule fin août – début septembre. Même si je me rassure en me disant qu’il ne porte pas 6kg sur le dos, nous ne sommes pas au même niveau…🤪

Alors que bon nombre de randonneurs reprennent le GR du TMB par une piste large, notre trace UTMB nous envoie par une sente à profil descendant et bien plus technique. Aucun gain de temps pour nous sur cette partie, nos symptômes douloureux se rappelant à notre bon souvenir.

Passé le 32e km, La Fouly (1600m), quelques minutes d’arrêt nécessaires pour refaire le plein en eau, se mouiller la tête et boire un coup en terrasse. Juste de quoi, nous donner un peu de jus afin de reprendre notre itinéraire, alternant entre sentiers et macadam, sur une portion de 10km pour traverser successivement : Le Chanton, Praz-de-fort, Les Arlaches et Issert.

Enfin, à la sortie d’Issert, notre trace, nous fait emprunter un chemin bien raide (400d+) pour nous amener à la fin de notre étape du jour, 4km plus loin vers 20h, Champex Lac (1500m) au terme de 46,65km.

Et alors là, c’est la bourde ! Alors que nous pensons maintenant à notre repos bien mérité, il se trouve que notre hôtel se situe à Orsières et non à Champex Lac (Champex Lac se situe sur la commune d’Orsières).

Méa culpa, dans la précipitation après le désistement de Florent, je n’ai pas fait attention que Booking m’avait affiché en premier un hôtel se trouvant à Orsières alors que je souhaitais réserver à Champex Lac. Bref, nous voilà dans la panade, il n’est pas question de nous rendre à Orsières à pattes, on a déjà avalé pas mal de bornes aujourd’hui et cela compliquerait sérieusement notre étape de demain déjà suffisamment longue.

2 hôtels nous refusent par manque de place, on nous envoie sur un troisième à 15 minutes de marches, au moins on fait du tourisme en passant par le Lac. Par chance ce 3e hôtel nous accepte, seul hic, ce sera sans petit déjeuner, bien trop tôt pour le personnel de l’hôtel, le réceptionniste nous indiquant qu’une boulangerie devrait être ouverte vers 6h ! On croise les doigts, de toute façon, nous n’avons pas d’autre choix…

Vue l’heure tardive, c’est la course à la douche, suivi du dîner et vite coucher pour être au mieux de notre forme et affronter cette 4e et dernière journée.

Chiffres du jour :

  • Durée (hors pauses) : 11h11
  • 46,66 km, 2403 d+, 2145 d-

Cumuls

  • Durée (hors pauses) : 31h14
  • 126,13 km, 6809 d+, 6383 d-

 

Jour 4 – Jeudi 27 juin – Champex Lac – Chamonix

Comme nous comptons sur un hypothétique petit déjeuner vers 6h, nous décidons de reculer l’heure du réveil à 5h30 au lieu de 5h. Après avoir bouclé nos sacs, nous quittons l’hôtel sur la pointe des pieds et prenons la direction de la fameuse boulangerie. Arrivé devant la “Gentiana”, quelle joie de voir que c’est grand ouvert ! Un employé et la patronne de l’établissement nous accueillent avec un grand sourire. A notre surprise, elle répond “Ici, on aime les trailers ! Et à leur demande, on peut même ouvrir plus tôt…” Quelle aubaine ! Nous allons profiter d’un vrai déjeuner de “Roy” 😉 comprenant 2 boissons chaudes chacun, charcuterie, fromage, pains, brioches, gâteaux. Aurélien est aux anges ! Cette charmante dame, nous demande si l’on connaît Léon ??? Et bien Léon n’est autre que le mari de notre boulangère et à l’origine de La fameuse “Petite Trotte à Léon”, une course de 300km, 25000d+ autour du Mont-Blanc, en équipes de 2 ou 3 indissociables et solidaires, sans classement final. Également une des épreuves de l’UTMB. Quelle surprise ! Et pour le coup, je ne regrette plus l’erreur de l’hôtel sans quoi jamais nous aurions fait une halte dans cette boulangerie. Un grand merci à eux pour cet accueil des plus chaleureux 🙏.

6h50, après ce délicieux petit déjeuner, nous voilà au départ de cette 4e journée, pour une première ascension en direction du Col de Portalo (2049m, 500d+). Cette première montée donne le ton du jour, il fait déjà très chaud, nous obligeant à évoluer très tranquillement, il nous faut nous économiser. Nous traversons des cours d’eau à maintes reprises, l’eau nous rafraîchissant pieds et tête. Non loin du Col, un petit arrêt par la Buvette de La Bovine (1970m), nous permet de faire le plein des flasques et un trempage de casquette.

Une fois passé ce premier tronçon, nous perdons rapidement de l’altitude pour rejoindre le Col de La Forclaz (15e km, 1520m). Une halte obligatoire pour ne pas manquer d’eau plus tard sur le parcours, et achats de sandwichs ainsi qu’un beau morceau de Gruyère crémeux afin d’être autonome. Nous reprenons notre route, traversons le village de Trient, et à sa sortie (19e km), attaquons l’ascension de notre 2e Col (2060m, 700d+) de la journée par une sente très raide, appelé “Les Tseppes”.

Il est 12h passé, le soleil nous cuit à petit feu, point d’air dans cette montée. Notre lente progression nous fait apercevoir quelques étoiles. Dès que nous traversons une zone ombragée, nous faisons une courte pause, afin de récupérer un peu, et faire redescendre le cardio qui s’emballe allègrement… Nos réserves d’eau descendent à vue d’oeil. A chaque fois que nous levons la tête, il nous semble apercevoir plus haut et plus loin la fin de cette montée mais que nenni, il faudra prendre sur soi et continuer à mettre un pied devant l’autre sous ce cagnard !

Photo @Aurélien

A plusieurs reprises, tout au long de cette aventure, et plus particulièrement dans cette ascension, nous avons pensé à tous les coureurs qui ont participé ou qui participeront à L’UTMB, à la difficulté que peut représenter une épreuve de ce type, à se retrouver peut être seul dans une montée de ce genre après avoir parcouru 140 bornes sans une seule vrai nuit de sommeil… Respects ! Enfin, passé le point culminant, nous évoluons quelques temps sur un tronçon en faux plat avant d’amorcer la descente vers le lieu dit “Catogne”, où nous faisons le plein en eau, puis Vallorcine.

Avec Aurélien, nous avons convenu, de trouver une zone ombragée pour deux raisons importantes : manger et dormir 15 minutes ! Notre capital est bien entamé, il nous faut reprendre des forces pour continuer sereinement. Ce que nous faisons dès que l’occasion se présente. Une pause bucolique à quelques mètres du sentier et à l’ombre, un vrai moment de réconfort ! Au bout d’une heure, nous reprenons notre descente vers Vallorcine par cette chaleur étouffante. Aurélien souffre toujours autant en descente, pour ma part la douleur du TFL se fait moins présente, j’arrive à allonger le pas sans toutefois m’hasarder à courir. Cette descente nous semble longue, très longue et l’effet cocotte minute, la combinaison de la baisse d’altitude et de la chaleur, ne fait que s’accroître.

Vallorcine (1260m, 29e km), nous revoici en France ! Nous traversons le village et nous nous arrêtons juste après la gare SNCF à une terrasse avec de grands parasols. Par chance, nous arrivons 5 minutes avant la fermeture de l’établissement tenu par une mère et sa fille. Sauvés ! 1 Coca pour Aurélien, 1 Perrier menthe pour moi. Quelle délice ces boissons fraîches ! On en profite pour faire à nouveau le plein des flasques. Et un 2e Perrier, s’il vous plaît ! Mère et fille nous donnent quelques conseils pour la suite et nous recommandent, lorsque, une fois passé le Col des Montets de continuer en direction de l’Argentière en empruntant les chemins. En effet, même si il est bientôt 18h, le soleil tape encore fort et il ne serait pas raisonnable de s’attaquer à ce 3e Col qui représente encore un dénivelé positif de 780m et derrière pratiquement le double en négatif. Terminer de nuit à la frontale n’est pas un problème si ce n’est que nous ne gagnerons pas en vitesse lors de la descente. Ce parcours, dans notre état, nous rallongerait de quelques heures. C’est donc bien “rôtis” par cette canicule, que nous prenons la décision de prendre cette variante, réduisant de fait dénivelé positif et négatif.

Pour ne rien cacher, ce dernier tronçon, ne fut pas une partie de plaisirs. 14 km pénibles en alternant chemins et goudrons et pour ma part, de nouvelles douleurs sous les pieds, de belles ampoules, une sensation bien désagréable à chaque pied posé sur le sol. Cette variante, nous prive certainement d’une très belle vue sur le Mont-Blanc, mais c’est comme ça, pas de regret, cela sera prétexte à revenir 😉

21h30, Chamonix, nous voici ! Un arrêt obligatoire, au même endroit que lors du départ, place du Triangle de l’Amitié, sous l’arche installée pour les épreuves du Marathon du Mont-Blanc afin d’immortaliser la fin de notre aventure ! Nous voilà au terme de ce tour du Mont-Blanc, après avoir parcouru 171 km, pour 8552m de dénivelé positif et 8519m de dénivelé négatif.

Chiffres du jour :

  • Durée (hors pauses) : 11h53
  • 45,21 km, 1743 d+, 2136 D-

Cumuls

  • Durée (hors pauses) : 43h07
  • 171,34 Km, 8552 d+, 8519 d-

 

Épilogue

Alors, si vous aimez la montagne, la beauté des paysages, n’hésitez pas, partez faire ce tour du Mont-Blanc, peu importe le temps que vous prendrez, vous ne serez pas déçus, bien au contraire !

Tout au long de ce périple, nous avons fait des rencontres sympathiques, échangés quelques mots parfois discuter plus longtemps avec des amoureux de la montagne, et toujours la joie, le sourire sur les visages… Des échanges avec des Français, des Anglais, des Italiens, des Suisses, des Canadiens, des marmottes. Une aventure enrichissante à tout point de vue !

Et si c’était à refaire ?

A cette question Aurélien, me répond : “Let’s go !”  🙂
Je partage amplement son avis !
Et je pense qu’il a pris goût…